Tapis magique… Mille et une églises à l’ombre de l’Ararat. « Le fort aux hirondelles ». 

Une immersion en Arménie et en Haut-Karabagh. Juin 2009.

« Le fort aux hirondelles ». 

Marqué par une flèche de granite représentant la renaissance de la nation arménienne, le Tsitsernakaberd, « fort aux hirondelles », est drapé d’un silence de plomb.

Le mémorial dédié aux victimes du génocide perpétré par le gouvernement Jeunes-Turcs en 1915-1916 est situé sur une des collines de la capitale. Dans le musée circulaire souterrain, nous nous plongeons dans une réminiscence de l’horreur à laquelle les Arméniens furent soumis lors de cette terrible période à la veille de la chute de l’Empire ottoman. Une période que la république turque préfère oublier, nier… Car deux tiers des Arméniens vivant sur le territoire actuel de la Turquie périrent.

Déportations et massacres de grande ampleur sont planifiés et exécutés par le parti au pouvoir à l’époque, le Comité Union et Progrès (CUP) ou « Jeunes-Turcs ». Il coûta la vie à environ un million deux cent mille Arméniens. La première phase du génocide commence avec l’arrestation puis l’assassinat de la plupart des intellectuels à Constantinople et la déportation et le massacre des Arméniens des provinces de l’est. La deuxième phase concerne le reste du territoire de l’Empire ottoman et débute avec l’envoi d’un télégramme de la part du ministre de l’intérieur Talaat Pacha à la direction du parti Jeunes-Turcs : « Le gouvernement a décidé de détruire tous les Arméniens résidant en Turquie. Il faut mettre fin à leur existence, aussi criminelles que soient les mesures à prendre. Il ne faut tenir compte ni de l’âge ni du sexe. Les scrupules de conscience n’ont pas leur place ici ». Le programme prend les formes d’une déportation, par chemin de fer sur une partie du parcours. Les convois de déportés, près de neuf cent mille personnes, convergent vers Alep où ils sont repartis selon deux axes. Une partie, envoyée vers la Syrie, le Liban et la Palestine, survivra. L’autre est déportée vers l’est, le long de l’Euphrate, vers Deir-ez-Zor, où sont improvisés des camps de concentration. En juillet 1916, les prisonniers sont emmenés dans le désert ou ils sont exterminés.

La collection du musée consiste essentiellement en des clichés pris par des photographes allemands, l’Allemagne alliée de la Turquie. Images de cadavres entassés, de corps pendus, de gens torturés, décapités, de convois de déportation, de camps de réfugiés, de jeunes femmes vendues comme esclaves, d’enfants cadavériques. Tant de destins brisés…

Confrontés à ces poignants témoignages d’horreur, nous sommes profondément secoués. Mais sans pour autant oublier ce passé douloureux, les Arméniens se battent pour un avenir meilleur. Yerevan est vibrante, sa population chaleureuse. Sur les terrasses l’animation est grande, sur les marchés règne la ferveur. Les rues sont bruyantes, les places bondées. Yerevan m’a séduite, conquise. J’aime son ambiance surannée. J’aime la présence bienveillante de l’Ararat. Du haut des marches de la Cascade, je contemple la ville dominée par la masse majestueuse de la montagne biblique… 

Arménie, Yérévan, Tsitsernakaberd, « fort aux hirondelles », juin 2011.
TsitserArménie, Yérévan, Tsitsernakaberd, « fort aux hirondelles », juin 2011.
Arménie, Yérévan, Tsitsernakaberd, « fort aux hirondelles », juin 2011.
Arménie, encens… juin 2009.
Arménie, Yérévan, le Petit Ararat et le mont Ararat depuis le sommet de la Cascade, juin 2009.

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